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Véhicule connecté : les données que votre flotte peut déjà exploiter
Constructeur, boîtier ou capteur, Data Act, CNIL : les données qu'une flotte lit sur chaque véhicule et les règles qui encadrent leur usage.

Louise Duplaceau
Responsable Marketing & Communication
· 5 min de lecture

Un véhicule connecté envoie à distance sa position, son kilométrage, sa consommation et ses alertes moteur, et une flotte les exploite dès que le constructeur les ouvre à sa plateforme. Le Data Act, applicable depuis le 12 septembre 2025, reconnaît à l'utilisateur d'un produit connecté, locataire compris, un accès gratuit à ces données (Commission européenne).
La plupart des voitures et utilitaires récents embarquent déjà un module de communication. Sur Fleeti Télématique, plus de 40 000 véhicules et engins sont connectés (données Fleeti, 2026). La voie d'accès dépend de l'actif : un utilitaire récent transmet ses données par l'interface de son constructeur, une remorque ou un engin ancien demande un boîtier ou un capteur. La couverture varie aussi d'un modèle à l'autre, et la localisation d'un conducteur reste encadrée par la CNIL.
Véhicule connecté : définition appliquée à une flotte
Un véhicule connecté embarque un module de communication qui envoie des mesures à un serveur par réseau mobile. Pour une flotte, l'intérêt tient à la collecte automatique de ces mesures sur chaque véhicule, sans saisie du conducteur, puis à leur regroupement dans une plateforme unique de gestion.
Les données partent du véhicule, transitent par un serveur, puis arrivent chez le gestionnaire sous forme de trajets et d'alertes.
Connexion d'origine constructeur
Les véhicules récents remontent leurs données par la télématique installée en usine. Le constructeur reçoit les mesures sur ses serveurs et les transmet aux plateformes autorisées, sans matériel supplémentaire ni passage à l'atelier. La couverture dépend des partenariats que la plateforme a noués avec chaque marque.
Véhicules anciens, remorques et engins
Un véhicule ancien, une remorque ou un engin de chantier ne dispose pas toujours d'une connexion constructeur exploitable. Un boîtier ou un capteur autonome prend alors le relais. Le parc réel d'une entreprise réunit souvent les deux cas.
Quelles données un véhicule connecté remonte-t-il ?
Quatre familles de données remontent d'un véhicule : la position et les trajets, l'énergie consommée, l'état technique et le comportement de conduite. La liste exacte dépend de la marque, du modèle et de l'abonnement souscrit auprès du constructeur. La plateforme les reçoit horodatées et les rattache à la fiche du véhicule.
Position, trajets et kilométrage
La plateforme enregistre la position, reconstitue chaque trajet et totalise les kilomètres. Elle relève aussi les arrêts, leur durée et les heures d'activité. Le kilométrage issu du compteur remplace la déclaration du conducteur, dont les écarts faussent les plans d'entretien comme les contrats de location.
Carburant, niveau de charge et recharge
Un véhicule thermique remonte sa consommation et son niveau de réservoir. Un véhicule électrique transmet son état de charge, son autonomie et ses sessions de recharge. Le croisement avec les cartes carburant fait apparaître les pleins incohérents et les écarts de volume.
Diagnostic moteur et alertes d'entretien
Le calculateur du véhicule signale les alertes moteur, les témoins et les indicateurs d'usure, ainsi que le kilométrage restant avant la révision. Un code défaut reçu avant le passage au garage laisse le temps de commander la pièce et de planifier l'immobilisation.
Événements de conduite
Les freinages, les accélérations, les dépassements de vitesse et les collisions sont horodatés. Certains modèles ajoutent le statut antivol et le port de la ceinture. La liste des événements disponibles dépend de la marque et de l'abonnement souscrit.
Votre entreprise peut-elle accéder aux données de ses véhicules connectés ?
Oui. Depuis le 12 septembre 2025, le Data Act donne à l'entreprise qui utilise un véhicule connecté, qu'elle en soit propriétaire ou locataire, un accès gratuit aux données qu'il produit. Le constructeur doit lui fournir ces données ou les transmettre à la plateforme de gestion de flotte qu'elle choisit.
La Commission européenne cite la voiture connectée parmi les produits concernés. Le texte fixe le droit d'accès mais laisse à chaque constructeur le choix du format et de l'interface, si bien que la mise en œuvre diffère d'une marque à l'autre.
Véhicules en location longue durée
Une flotte en LLD dispose des mêmes droits qu'une flotte détenue en propre. Le règlement range expressément le locataire et le crédit-bail parmi les utilisateurs (considérant 18). Avant d'activer la collecte, vérifiez dans votre contrat si le loueur intervient dans la transmission des données.
Transmission des données à votre plateforme de gestion
Vous récupérez les données vous-même ou vous demandez au constructeur de les envoyer directement à votre plateforme de gestion de flotte. Le texte pose une seule limite à leur usage : elles ne peuvent pas servir à concevoir un produit concurrent du véhicule d'origine.
Sources de données : interface constructeur, boîtier et capteurs
Une plateforme de flotte reçoit les données par trois sources : l'interface du constructeur, sans installation, un boîtier branché sur le véhicule et un capteur autonome pour le matériel sans moteur. Une flotte mixte combine ces sources et affiche tous ses actifs dans le même tableau de bord.
Source | Actifs concernés | Données typiques | Point d'attention |
|---|---|---|---|
Interface constructeur | Voitures et utilitaires récents, certains engins | Position, kilométrage, énergie, alertes | Granularité propre à chaque marque |
Boîtier sur prise OBD ou bus CAN | Véhicules anciens, marques non couvertes, engins | Position, heures moteur, consommation, codes défaut | Installation sur chaque actif |
Capteur autonome | Remorques, bennes, matériels sans alimentation moteur | Position, température, ouverture | Données limitées à la mesure du capteur |
Interface constructeur : 35 marques chez Fleeti
Sur la plateforme Fleeti, 35 marques remontent leurs données sans boîtier, dont 30 de voitures et d'utilitaires et 5 d'engins (données Fleeti, 2026). La connexion sans boîtier par les constructeurs s'active à distance, sans intervention sur le véhicule.
Boîtier sur prise OBD ou bus CAN
Le boîtier se branche sur la prise de diagnostic OBD ou sur le bus CAN du véhicule. Il lit les données du calculateur, sans dépendre des accords entre une plateforme et un constructeur. Il équipe les véhicules anciens et les marques non couvertes.
Capteur autonome pour remorques et bennes
Une remorque sans moteur n'alimente aucun boîtier et n'envoie rien par l'interface constructeur. Un capteur autonome, alimenté par batterie, transmet sa position ou sa température, comme pour la géolocalisation des camions et de leurs remorques.
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Limites de couverture et de qualité des données constructeur
Le niveau de détail des données constructeur varie selon la marque, le modèle et l'abonnement. Un indicateur disponible sur une voiture récente peut manquer sur un utilitaire plus ancien de la même marque. Un test sur un échantillon représentatif du parc mesure cet écart avant tout déploiement.
Écarts entre marques et entre modèles
Deux véhicules de marques différentes ne remontent pas toujours les mêmes champs. Le niveau de carburant ou le port de la ceinture existent chez l'un et manquent chez l'autre. Les indicateurs de comparaison entre véhicules se construisent donc sur les champs communs au parc.
Engins de chantier
La télématique d'usine des engins de chantier reste partielle et hétérogène. Un boîtier sur bus CAN lit alors les heures moteur et les codes défaut que le constructeur n'expose pas. Les heures de fonctionnement remplacent le kilomètre comme unité d'usure.
Identification du conducteur
L'identité du conducteur ne remonte que sur certaines marques et certains abonnements. Quand elle manque, un badge ou un identifiant conducteur rattache chaque trajet à une personne. Ce rattachement conditionne le traitement des amendes et le calcul de l'avantage en nature.
Quelles règles encadrent les données des véhicules connectés en France ?
Le RGPD s'applique dès que la position d'un véhicule se rattache à une personne identifiable. Pour les véhicules confiés aux salariés, la CNIL limite les finalités et fixe une conservation de deux mois en principe. Pour les véhicules loués ou partagés, sa recommandation adoptée en avril 2026 exige en général un consentement.
La fiche de la CNIL sur les véhicules des salariés et sa recommandation de 2026 ne couvrent pas les mêmes situations : un parc mixte relève souvent des deux.
Véhicules confiés aux salariés
La fiche de la CNIL du 30 mai 2023 admet la géolocalisation pour facturer une prestation, protéger le salarié ou le véhicule, répartir des interventions ou suivre le temps de travail à titre accessoire. Elle exclut le contrôle de la vitesse, la surveillance permanente et le suivi des salariés libres de leurs déplacements. Le salarié doit pouvoir désactiver la collecte hors temps de travail, et l'employeur informe les salariés et leurs représentants avant l'installation. La CNIL signale que cette fiche est en cours de mise à jour.
Véhicules loués ou partagés
La recommandation de la CNIL sur les données de localisation des véhicules connectés, adoptée en avril 2026, vise les constructeurs, les loueurs, les fournisseurs de boîtiers et les agrégateurs de données. Elle ne couvre pas les véhicules de fonction mis à disposition par un employeur. Elle demande un consentement distinct des conditions générales, retirable à tout moment, et juge que la dernière position suffit généralement. Les données de prévention du vol ou de non-restitution se conservent six ans au maximum.
Durées de conservation à retenir
La CNIL fixe pour les véhicules des salariés trois durées : deux mois en principe, un an pour optimiser les tournées ou prouver une intervention, cinq ans pour le suivi du temps de travail. Sur Fleeti, l'historique reste consultable douze mois glissants, limité à deux mois en France (données Fleeti).
Usages des données véhicule pour le gestionnaire de flotte
Les données remontées remplacent les relevés manuels du gestionnaire. Le kilométrage réel déclenche l'entretien et contrôle les contrats de location, tandis que la consommation fait apparaître les écarts de carburant. Chaque décision s'appuie sur une mesure horodatée plutôt que sur une déclaration.
Entretien déclenché par l'usage réel
Une révision planifiée sur le kilométrage réel et les codes défaut évite les entretiens trop précoces comme les oublis. La maintenance préventive de la flotte génère les ordres de travail à partir de ces relevés.
Kilométrage des contrats de location
En LLD, chaque kilomètre au-delà du plafond contractuel se facture à la restitution. Le gestionnaire compare chaque mois le compteur remonté au kilométrage prévu et signale les véhicules qui dérivent. Un dépassement repéré tôt laisse le temps de renégocier le kilométrage avec le loueur avant la restitution.
Carburant et recharge
Le croisement entre cartes carburant, niveau du réservoir et distance parcourue isole les pleins anormaux. Certains clients Fleeti constatent 15 % d'économie de carburant après installation (données Fleeti). Le résultat dépend du point de départ du parc et des actions menées ensuite avec les conducteurs.
Premières étapes pour exploiter les données de son parc
Deux actions lancent le projet : inventorier les véhicules avec leur marque, leur année et leur mode de détention, puis vérifier sur un échantillon les données réellement disponibles avant de généraliser. Chez Fleeti, trois semaines séparent le démarrage de l'autonomie complète, en quatre phases (données Fleeti).
Inventaire du parc par marque et par année
Une liste des véhicules avec leur marque, leur année de mise en circulation et leur statut (propriété, LLD, LOA) sert de base à cette vérification. Elle distingue d'emblée les véhicules couverts par une interface constructeur de ceux qui demandent un boîtier.
Choix des premiers indicateurs
Deux indicateurs suffisent au départ : le kilométrage réel et la consommation par véhicule. Ils se mesurent sur tous les véhicules du parc, quelle que soit la marque, et servent de référence avant d'ajouter les alertes d'entretien et des données plus fines.
Information des conducteurs avant l'activation
Le document d'information remis aux salariés se rédige pendant cette vérification, avant toute activation. Il précise les finalités retenues, la durée de conservation et les droits de chacun, puis passe devant les représentants du personnel.
Questions fréquentes sur les véhicules connectés en entreprise
Peut-on rendre connectée une voiture ancienne ?
Oui. Un boîtier branché sur la prise de diagnostic OBD lit les données du calculateur et les transmet par réseau mobile. Il fonctionne sans accord avec le constructeur et s'installe véhicule par véhicule.
Faut-il un boîtier pour exploiter les données d'une voiture connectée ?
Non pour les véhicules récents dont le constructeur ouvre ses données, car la connexion passe par une interface et s'active à distance. Un boîtier reste nécessaire pour les modèles anciens, les marques non couvertes et la plupart des engins.
Le constructeur peut-il facturer l'accès aux données du véhicule ?
Pas à l'entreprise qui utilise le véhicule. Le Data Act rend l'accès aux données gratuit pour l'utilisateur, qu'il soit propriétaire ou locataire du véhicule.
Peut-on suivre un véhicule de fonction en dehors du travail ?
Non. La CNIL interdit la collecte de la position hors temps de travail, trajets domicile-travail et pauses compris, et le salarié doit pouvoir désactiver la géolocalisation en dehors de ses heures.
Le Data Act s'applique-t-il aux flottes en Afrique ?
Le Data Act couvre les véhicules mis sur le marché de l'Union européenne, et l'immatriculation dans un État membre en est l'indice selon l'Arcep. Un véhicule acheté et immatriculé au Sénégal ou en Côte d'Ivoire n'entre donc pas dans son champ, alors qu'un véhicule mis sur le marché européen reste couvert s'il circule ensuite hors de l'Union. Hors de ce champ, l'accès aux données constructeur dépend des accords entre la plateforme et chaque marque, et un boîtier lit les données sans dépendre de ces accords.
Quelles données un véhicule connecté transmet-il à une flotte ?
Un véhicule connecté transmet quatre familles de données : position et trajets, énergie consommée, état technique et événements de conduite. Le détail varie selon la marque, le modèle et l'abonnement. Depuis septembre 2025, le Data Act donne à l'entreprise utilisatrice, locataire compris, un accès gratuit à ces données.





