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Équivalent salaire d'une voiture de fonction : méthode de calcul et impact sur l'impôt

Méthode pour convertir une voiture de fonction en salaire brut équivalent : barème 2026, effet sur le net et l'impôt, exemples chiffrés.

Kaajal Gungadeen

Célian Chesnoy

Sales & Marketing Manager France

· 5 min de lecture

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L'équivalent salaire d'une voiture de fonction est le salaire brut qui laisserait au salarié le même pouvoir d'achat que le véhicule. Il se calcule en retranchant de la valeur d'usage du véhicule les retenues et l'impôt supportés sur l'avantage en nature, puis en remontant au brut.

Le barème a changé : depuis le 1er février 2025, le forfait d'un véhicule acheté depuis cinq ans au plus a progressé de deux tiers (FNTP, 2025). Un avantage plus élevé alourdit les cotisations et l'impôt du salarié, ce qui déplace la comparaison entre une voiture et une augmentation. La formule s'applique ensuite à quatre exemples chiffrés, dont celui du véhicule électrique. Un salarié qui roule peu à titre privé gagne à passer du forfait au réel, ce qui réduit l'avantage et modifie le résultat.


Quel est l'équivalent salaire d'une voiture de fonction ?

L'équivalent salaire d'une voiture de fonction est le brut mensuel qui donnerait au salarié, après cotisations et impôt, la même valeur que le véhicule. Il dépasse l'avantage en nature de la fiche de paie dans les exemples chiffrés ci-dessous, car l'avantage sert d'assiette aux prélèvements, alors que la valeur d'usage correspond au coût d'un véhicule équivalent.


Avantage en nature : l'assiette des cotisations et de l'impôt

L'avantage en nature est une somme calculée par barème. Elle diffère du prix payé par l'employeur. Elle s'ajoute au salaire brut du salarié dès que celui-ci peut utiliser le véhicule à titre privé, y compris le week-end et pendant les congés. Elle fixe la base des cotisations et du revenu imposable.


Valeur d'usage : le coût qu'un salarié supporterait seul

La valeur d'usage correspond au budget mensuel qu'un salarié consacrerait à un véhicule comparable avec son propre argent : loyer ou amortissement, assurance, entretien, pneumatiques. Elle varie avec le modèle, le kilométrage et la zone d'usage. Elle constitue le véritable élément de comparaison avec une augmentation de salaire.


Comment l'avantage en nature d'une voiture de fonction est-il évalué en 2026 ?

L'avantage en nature d'une voiture de fonction se calcule au forfait ou aux dépenses réelles. Le forfait applique, depuis le 1er février 2025, 15 % du prix d'achat TTC pour un véhicule de cinq ans au plus, 20 % si l'employeur paie le carburant, et 50 % ou 67 % du coût annuel pour un véhicule loué (FNTP et KPMG Avocats, 2025).


Barème forfaitaire en vigueur depuis le 1er février 2025

L'arrêté du 25 février 2025, publié au Journal officiel du 27 février 2025, a remplacé les anciens taux de 9 %, 12 %, 30 % et 40 %. Le tableau reprend le barème applicable aux véhicules mis à disposition depuis cette date.

Situation du véhicule

Carburant à charge du salarié

Carburant payé par l'employeur

Acheté, cinq ans au plus

15 % du prix d'achat TTC

20 % du prix d'achat TTC

Acheté, plus de cinq ans

10 % du prix d'achat TTC

15 % du prix d'achat TTC

Loué (LLD, LOA)

50 % du coût annuel

67 % du coût annuel

Quand l'employeur ne paie pas le carburant, les frais de carburant à usage personnel s'ajoutent à l'évaluation (KPMG Avocats, mars 2025). Pour un véhicule loué, le résultat ne peut pas dépasser la valeur qu'aurait l'avantage si l'employeur avait acheté le véhicule (FNTP, 2025).


Évaluation sur les dépenses réelles

La méthode au réel valorise l'avantage selon la part de kilomètres personnels et les dépenses réellement engagées pour le véhicule. Elle exige de distinguer les trajets privés des trajets professionnels, avec un relevé fiable. Elle devient plus avantageuse que le forfait quand l'usage privé reste limité.


Date de mise à disposition et ancienneté du véhicule

La date de mise à disposition est la date d'attribution du véhicule fixée par l'accord entre l'employeur et le salarié. Elle ne coïncide pas avec la date d'achat par l'entreprise (KPMG Avocats, mars 2025). Cette date décide du barème applicable et, pour un véhicule électrique, de l'abattement.


Effet d'une voiture de fonction sur le net et l'impôt du salarié

L'avantage en nature s'ajoute au brut, subit les cotisations salariales et entre dans le revenu imposable. Le salarié perçoit donc un net en espèces plus faible de ces retenues, et son impôt augmente selon sa tranche. Dans l'exemple chiffré plus bas, ces prélèvements absorbent près de la moitié de l'avantage.


Cotisations et CSG : le brut augmente de l'avantage

Le brut du salarié augmente du montant de l'avantage, et les cotisations salariales portent sur ce total. La CSG sur les revenus d'activité s'élève à 9,2 %, dont 6,8 % déductibles de l'impôt sur le revenu, et la CRDS à 0,5 %, non déductible (economie.gouv.). L'employeur paie de son côté des cotisations patronales sur l'avantage, car la fiche de paie doit faire apparaître les accessoires de salaire soumis aux cotisations salariales et patronales (economie.gouv).


Impôt sur le revenu : l'avantage s'ajoute au net imposable

L'avantage de la voiture de fonction est soumis à l'impôt sur le revenu (KPMG Avocats, mars 2025). Il augmente le net imposable, qui sert de base au prélèvement à la source mentionné sur la fiche de paie. L'effet dépend de la tranche marginale du foyer : plus elle est élevée, plus l'équivalent salaire monte.


Hypothèses de calcul retenues pour les exemples

Les exemples qui suivent reposent sur trois hypothèses de calcul, à remplacer par les valeurs du salarié concerné. Les retenues salariales représentent 22 % du brut, le taux marginal d'impôt est de 30 % et s'applique à l'avantage après retenues, et la valeur d'usage du véhicule s'élève à 450 euros par mois. Ces valeurs illustrent la méthode et ne proviennent d'aucune source officielle. La part prélevée sur l'avantage vaut alors 22 % + 78 % × 30 %, soit 45,4 %.


Exemples chiffrés selon le mode de détention du véhicule

Pour un véhicule acheté 30 000 euros TTC, l'avantage atteint 375 euros par mois au forfait quand le salarié paie son carburant, et 500 euros quand l'employeur le paie. Un véhicule loué avec un coût annuel de 7 200 euros donne 300 euros par mois. Le tableau chiffre la part supportée par le salarié dans les hypothèses retenues.

Cas

Base

Taux forfaitaire

Avantage par mois

Prélèvements du salarié par mois

A : achat, carburant à charge du salarié

30 000 € TTC

15 %

375 €

170 €

B : achat, carburant payé par l'employeur

30 000 € TTC

20 %

500 €

227 €

C : location, carburant à charge du salarié

7 200 € de coût annuel

50 %

300 €

136 €


Véhicule acheté par l'entreprise

Le passage du cas A au cas B ajoute 125 euros d'avantage par mois, soit 57 euros de prélèvements supplémentaires pour le salarié. Le carburant payé par l'employeur augmente l'assiette de cinq points de pourcentage du prix d'achat. Il supprime aussi pour le salarié la dépense réelle de carburant privé, ce qui compense en partie la hausse.


Véhicule en location longue durée

Un véhicule loué produit un avantage de 300 euros par mois pour le coût annuel du cas C, avec 136 euros de prélèvements. Le coût annuel retenu est celui du contrat de location, et l'évaluation reste plafonnée à la valeur qu'aurait l'avantage en cas d'achat du véhicule (FNTP, 2025). Avec le carburant payé, l'avantage mensuel monte à 402 euros.


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Calcul du salaire brut qui compense une voiture de fonction

Le salaire brut équivalent se calcule en divisant la valeur d'usage, diminuée des prélèvements sur l'avantage, par la part du brut qui reste au salarié après retenues et impôt. Avec la valeur d'usage retenue et l'avantage du cas A, l'équivalent salaire atteint environ 512 euros bruts par mois.


Formule de l'équivalent brut

La formule s'écrit : équivalent brut = (V − p × AEN) ÷ ((1 − r) × (1 − t)). V désigne la valeur d'usage mensuelle, AEN l'avantage en nature mensuel, p la part prélevée sur l'avantage, r le taux de retenues salariales et t le taux marginal d'impôt, aux valeurs fixées plus haut. Le dénominateur vaut 0,546 : sur un euro brut de salaire, 54,6 centimes parviennent au salarié.


Application au cas du véhicule acheté

Pour le cas A, l'avantage mensuel entraîne 170,25 euros de prélèvements, ce qui laisse une valeur nette de 279,75 euros sur les 450 euros d'usage. Il faut un brut de 279,75 ÷ 0,546, soit environ 512 euros par mois, pour offrir la même valeur en salaire. Une augmentation inférieure à ce montant place le salarié en retrait de la voiture.


Comparaison côté employeur

L'employeur compare le coût complet du véhicule à celui d'une hausse de salaire équivalente. Le coût du véhicule comprend le loyer ou l'amortissement, l'assurance, l'entretien et les cotisations patronales sur l'avantage. Le coût de la hausse comprend les cotisations patronales sur la totalité du brut ajouté, au taux figurant sur les bulletins de l'entreprise.


Comment un véhicule électrique modifie-t-il l'équivalent salaire ?

Pour un véhicule électrique mis à disposition entre le 1er février 2025 et le 31 décembre 2027, un abattement de 70 % s'applique à l'évaluation forfaitaire, dans la limite de 4 582 euros par an (FNTP et KPMG Avocats, valeur 2025). L'avantage baisse nettement, et l'équivalent salaire monte à valeur d'usage identique.


Conditions de l'abattement

L'abattement exige un véhicule exclusivement électrique dont le score environnemental dépasse 60 points (KPMG Avocats, mars 2025). L'éligibilité s'apprécie à la date de mise à disposition, et l'électricité de recharge payée par l'employeur n'entre pas dans l'évaluation (FNTP, 2025). Le plafond de 4 582 euros est la valeur 2025 donnée par les sources consultées, à revérifier chaque année.


Exemple chiffré d'un véhicule à 35 000 euros

Un véhicule électrique acheté 35 000 euros TTC donne un forfait de 5 250 euros par an. L'abattement de 70 % retire 3 675 euros, montant inférieur au plafond, et laisse un avantage de 1 575 euros par an, soit 131 euros par mois. Les prélèvements du salarié tombent à 60 euros par mois.

À valeur d'usage identique, l'équivalent brut atteint alors environ 715 euros par mois, après soustraction de ces prélèvements et division par le même dénominateur. Le véhicule électrique vaut donc un salaire brut nettement supérieur à celui d'un véhicule thermique de même usage. L'écart tient uniquement à l'abattement sur l'assiette.


Paramètres qui modifient le calcul de l'avantage en nature

Quatre paramètres déplacent le résultat : la prise en charge du carburant, la méthode forfaitaire ou réelle, la part d'usage privé et la date de mise à disposition. Le carburant payé par l'employeur relève de cinq points le taux du forfait pour un véhicule acheté de cinq ans au plus.


Carburant payé par l'employeur

Le carburant payé par l'employeur augmente l'avantage de 125 euros par mois dans le cas A et fait grimper les prélèvements du salarié. Le salarié économise en contrepartie la dépense réelle de carburant privé. Le bilan dépend du kilométrage personnel : un salarié qui roule peu en dehors du travail y perd, un salarié au kilométrage privé élevé y gagne.


Usage privé limité et méthode au réel

Un usage privé limité justifie la méthode aux dépenses réelles, car l'avantage suit alors la part de kilomètres personnels. Le seuil de bascule entre forfait et réel se calcule véhicule par véhicule.


Véhicule de service sans usage privé

Un véhicule de service dont l'usage privé est interdit par écrit et contrôlé ne génère pas d'avantage en nature. L'équivalent salaire est alors nul, puisque le véhicule sert uniquement l'activité de l'entreprise. L'interdiction doit figurer dans un document opposable, faute de quoi le véhicule de service est requalifié en véhicule de fonction.


Suivi de l'avantage en nature sur l'ensemble de la flotte

Le suivi de l'avantage en nature repose sur trois données par véhicule : la date de mise à disposition, le barème applicable et la part de kilomètres personnels. Un gestionnaire de flotte qui les réunit chaque mois choisit entre forfait et réel sur des chiffres, et transmet à la paie un montant exact.


Collecte des kilomètres privés et professionnels

La distinction entre kilomètres professionnels et personnels s'appuie sur la géolocalisation du véhicule et sur la validation des trajets par le conducteur, dans le cadre fixé par la CNIL. Fleeti compare chaque mois forfait et réel pour chaque véhicule à partir de ces données, avec un logiciel de calcul de l'avantage en nature de la flotte.


Export vers la paie

Le montant retenu doit parvenir au logiciel de paie sans ressaisie, car une erreur de saisie fausse à la fois les cotisations et le net du salarié. Fleeti exporte les avantages calculés vers Sage, Pennylane, Silae, Cegid et ADP.

Voiture de fonction ou augmentation de salaire : que choisir ?

Le salarié compare l'augmentation proposée au salaire brut équivalent du véhicule. Si l'augmentation est inférieure à cet équivalent, la voiture lui apporte davantage de valeur. Si elle est supérieure, l'augmentation l'emporte. Le résultat varie avec la tranche d'impôt et la valeur d'usage.