

Kaajal Gungadeen
Content & Editorial Specialist
February 27, 2026
Quand les pertes deviennent invisibles et plombent la rentabilité de votre flotte
Vol de carburant en Afrique, 5 à 15 % de votre budget flotte s'évapore. Faites de ce coût caché un vrai levier de performance et de rentabilité.
Dans des entreprises africaines, la facture du carburant est devenue l’un des sources de dépenses les plus sensibles. Entre la fluctuation des prix, les distances interminables et des véhicules sollicités à l’extrême, la consommation élevée finit par paraître naturelle. Alors lorsqu’une surconsommation de 5 à 10 % se cache derrière une réalité coûteuse, elle est souvent attribuée aux conditions de circulation ou à l’état des routes.
Dans un parc automobile, ce détail ne fait pas objet de soupçon, ce coût caché se multiplie.
Le carburant volé reste un gouffre silencieux pour les flottes africaines
Selon les experts de la gestion de flottes, les pertes liées au abus du carburant représentent entre 5 % et 15 % du budget annuel. Pour une entreprise africaine de transport, de BTP ou de distribution, one ne parle pas d’un simple détail logistique mais d’une véritable faille et de perte financière.
Le carburant représente généralement entre 30 % et 40 % des coûts d’exploitation des véhicules. Pour rendre les choses concrètes, prenons un exemple d’une étude de cas :
Une flotte de 40 véhicules utilitaires consommant en moyenne 12 litres aux 100 km, avec un kilométrage annuel de 35 000 km par véhicule. Cela représente environ 168 000 litres de carburant par an.
Avec un prix moyen de 850 FCFA le litre (variable selon les pays), la facture annuelle dépasse 140 millions de FCFA. Si seulement 8 % de cette consommation est détournée, ce sont 11 millions de FCFA qui sont perdus chaque année, sans que personne ne le sache.
Pourquoi le vol de carburant passe souvent inaperçu ?
Le vol de carburant sur le continent africain est rarement spectaculaire. Il ne s’agit pas toujours de siphonnage massif mais plutôt d’une multitude de micro-évènements :
Il peut s’agir de quelques litres prélevés régulièrement.
De pleins légèrement supérieurs aux besoins réels.
D’un usage privé non déclaré du véhicule.
Individuellement, ces écarts semblent faibles. Mais cumulés sur plusieurs véhicules et sur plusieurs mois, ils créent une dérive structurelle.
Sans outil de comparaison automatique entre le kilométrage réel et la consommation enregistrée, il est très difficile de détecter précisément ces anomalies.
Dans les entreprises où le suivi se fait encore via tickets papier et tableurs, le contrôle reste approximatif. Les écarts ne sont identifiés qu’a posteriori, lorsque la facture globale augmente.
Un impact direct sur la rentabilité et la compétitivité
Dans un contexte africain où les marges peuvent être serrées et la concurrence est féroce, une dérive carburant de 10 % peut suffire à faire basculer la rentabilité d’un contrat de transport.
Pour une entreprise de transport ou de logistique, cela peut signifier une baisse significative de la marge nette annuelle, une difficulté à proposer des tarifs compétitifs ou encore une réduction de la capacité d’investissement dans de nouveaux véhicules.
À long terme, ce manque de maîtrise affaiblit la structure financière de l’entreprise.
Le vol de carburant n’est donc pas uniquement un problème opérationnel. C’est un enjeu stratégique.
La donnée comme levier de réduction des pertes
Les entreprises qui mettent en place des outils de gestion de flotte constatent généralement une réduction immédiate des dérives de consommation.
Les retours d’expérience dans le secteur montrent que la simple mise en place d’un suivi précis peut réduire la consommation carburant de 10 % à 20 %, grâce à une meilleure visibilité sur les pleins, une détection rapide des anomalies ainsi qu’une amélioration des comportements de conduite.
Dans le contexte africain, où les coûts logistiques pèsent lourdement sur la compétitivité, cette optimisation peut représenter plusieurs dizaines de millions de FCFA économisés chaque année pour une flotte moyenne.
Transparence plutôt que suspicion
Il est important de le souligner que l’objectif n’est pas de surveiller, mais de structurer.
Lorsque les données sont claires et partagées, les discussions deviennent factuelles. Les collaborateurs sérieux sont protégés. Les écarts sont traités rapidement et objectivement.
La digitalisation de la gestion de flotte en Afrique est en pleine accélération. Les entreprises qui prennent ce virage gagnent en professionnalisme, en crédibilité et en performance.
Chaque litre compte vraiment
Quand le carburant disparaît, ce n’est jamais un petit problème.
Dans une flotte africaine, quelques pourcents de dérive peuvent représenter des millions de francs CFA sur une année.
Dans un environnement économique exigeant, où chaque point de marge compte, la maîtrise du carburant devient un levier stratégique.
Mieux mesurer, c’est mieux gérer. Mieux gérer, c’est assurer une meilleure performance.
Et aujourd’hui, la télématique rend cela possible, même dans les environnements opérationnels les plus complexes.

